- n°12 - Septembre 1998 -


Table of Contents

Edito - Derive Dangereuse
Aides aux pilotes & Mini-Traité
Production - Fantome, Largo Winch, Walt Disney sur le Web
Institutions - MIFED, Imagina 99, MipCom
Etudes de marché - Telé: Que regardent les enfants?
Jeux - E3 98: Du jeu vidéo à l'animation, il n'y a qu'un pas.
Grilles de rentrée: TF1, France 2, France3, Canal +, Canal J, M6
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Agenda


Edito

SPFA logo Dans une production financée essentiellement à l'international (42,6% des devis), les producteurs français s'inquiètent des effets pervers d'une mondialisation maîtrisée par les sociétés d'outre-atlantique, qui font qualifier d'oeuvre française des productions dans lesquelles leurs partenaires français ont un rôle moins important que ne le laisserait supposer la part de financement qu'ils apportent...

En effet, la part européenne du financement de la production mondiale d'animation s'est considérablement accrue. Sur les plans techniques et artistiques, les européens n'ont plus rien à envier aux Américains ou aux Japonais : l'apparition de quelques séries françaises sur les écrans US en témoigne : Princesse Sissi, Les Zinzins de l'espace, M. Bonhomme, Calamity Jane, ... Cette montée en puissance de l'Europe sur l'échiquier de la production internationale est avant tout le résultat de la mise en place de politiques communautaire et nationales de soutien financier régulier à la production audiovisuelle.

Toutefois, l'Europe - et la France en particulier - ne tire pas le bénéfice de cette situation. On assiste au contraire au «pillage» progressif de nos ressources nationales au profit de productions nord-américaines dont l'Europe n'est souvent que le lieu de destination secondaire. Les sociétés de prodution/distribution canadiennes notamment ont su profiter des mutations du marché américain et de l'accès privilégié aux financements français pour compenser l'affaiblissement de leur propre marché. En 1997, les coproductions Canada-Europe ont doublé et constituent 95% des productions canadiennes. Sur 36 coproductions avec la France, 20 sont des programmes d'animation.

Dérive dangereuse
Conséquence directe: les programmes d'animation d'inspiration française, voire européenne, sont de plus en plus rares; la «francisation» (on pourrait dire «l'européanisation») de programmes d'animation en provenance d'Amérique du Nord (et néanmoins qualifiés d'oeuvres françaises et européennes!) est devenue monnaie courante.

Cette dangereuse dérive est facilitée par:

L'équilibre entre France et Canada en matière d'initiative artistique, technique et de financement des productions, inhérente aux accords franco-canadiens, est ainsi faussé au profit des Canadiens, déséquilibre aggravé par une surévaluation des dépenses au Canada dans les devis. C'est tout l'esprit du Traité qui s'en trouve singulièrement modifié.

Si des mesures ne sont pas prises rapidement de façon concertée pour changer le cours des choses, les conséquences peuvent mettre gravement en danger la production indépendante française d'animation et annuler les effets de 10 ans d'aides diverses pour la constitution d'un catalogue de programmes européens et d'une industrie compétitive.

C'est pourquoi les producteurs d'animation demandent le gel unilatéral dans l'application des accords de coproduction entre la France et le Canada en ce qui concerne l'animation, jusqu'à ce les conditions d'un équilibre artistique, technique et financier entre nos deux pays soient définies ; ce gel pourrait être effectif à compter du 1er Janvier prochain, si à l'issue de la Commission Mixte franco-canadienne de cet automne, aucune décision n'était prise pour y remédier.

On pourrait imaginer, par exemple, la création d'un "bonus/malus" applicable au Cosip, qui prendrait en compte le degré d'initiative artistique, technique, commerciale et financière de chacune des productions selon un nouveau barème à déterminer; ainsi qu' une diversification des "tarifs" appliqués par les diffuseurs pour le préachat et/ou la coproduction d'oeuvres d'animation, selon le degré d'implication du producteur délégué français dans la réalisation de ces programmes; ces "tarifs" pourraient osciller entre 6 et 12 millions de francs pour une série de 26 fois 24 minutes selon lse cas, au lieu des 7/8 MF actuels.


Aides aux pilotes & Mini-Traité

Le journal officiel a publié en août le décret permettant au CNC de financer les aides aux pilotes de séries d¹animation ainsi que les avances remboursables du mini traité franco-canadiens pour le développement d¹oeuvres francophones et la production de dessin animé. Le service du COSIP mettra en oeuvre les procédures de paiement des dossiers en attente très rapidement.

Le décret du 14 janvier avait étendu le champ d¹intervention du COSIP aux aides aux industries, à la formation professionnelle et aux organismes de promotion des programmes et industries de l¹audiovisuel.


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La lettre bimestrielle du Syndicat des producteurs de films d'animation

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Rédaction : Alexandra Tholance Elodie Liénard