Licences

Le personnage de dessin animé constitue une marque dont la notoriété peut-être exploitée dans différents secteurs industriels : le jouet, qu'il soit traditionnel ou vidéo, mais aussi l'habillement, l'agro-alimentaire, l'édition, etc Principale cible visée : les enfants.

Le précurseur des produits dérivés en France c'est Disney avec la parution, dès 1934 du &laqno;Journal de Mickey». Cette précocité des liens avec le marché français explique en grande partie le succès de la marque dans notre pays.

Aujourd'hui, le licensing est un jeu de séduction dont la télévision est le principal cheval de Troie : avec une cinquantaine de nouvelles séries par an, le marché est inondé. Et l'arrivée des chaînes câble/ satellite va encore renforcer le nombre de programmes mis à la disposition des enfants. Le tout s'inscrivant dans un contexte de réduction de la consommation TV des enfants et un émiettement des audiences. La prise de risques liée au choix d'une licence s'est donc considérablement renforcée pour l'industriel depuis une dizaine d'années.

Malgré ces obstacles, la licence reste un bon moyen marketing en période de crise économique pour gagner des parts de marché à moindre frais. Elle reste aussi un bon moyen pour toucher une cible enfant extrêmement volatile, dont la consommation télé baisse mais dont le pouvoir de prescription augmente. Les moins de 15 ans sont tout de même 11,4 millions en France. Le héros de dessin animé est devenu un moyen de promotion recherché par tous les industriels pour promouvoir leurs produits. Même si le marché est plus difficile, on assiste depuis deux/trois ans à une espèce d'effervescence autour des personnages d'animation.

Leader en Europe: la France

A lui tout seul, le continent nord-américain représente les deux tiers du marché mondial des produits dérivés, estimé à 90 MM$. Ce créneau se développe rapidement en Europe où il représente un CA annuel de 18 MM$. De son côté, la France serait leader sur le continent avec un CA annuel de 5 MM$, soit 25% du chiffre d'affaires européen. Le consommateur américain dépense 1250 F/an en produits dérivés, contre 270 F pour le consommateur européen.

Si la France s'est laissée séduire par l'animation japonaise, depuis Goldorak jusqu'à Dragon Ball Z, elle a réussi globalement à limiter l'invasion des droits et stratégies américaines, mis à part Disney. Une particularité qui s'explique en grande partie par la profusion des droits français. L'hexagone a développé un marché très dynamique à partir de ses héros traditionnels. On puise surtout dans la BD franco-belge et dans la littérature enfantine avec Spirou, Babar, Tintin ou encore Blake et Mortimer.

L'avenir de la filière semble prometteur et les plus gros producteurs français ont intégré leur propre structure de droits dérivés. C'est le cas de Saban International Paris, de Gaumont Multimédia ou d'Ellipse Programmes.

Le succès d'antenne d'une série dépend beaucoup de sa programmation et les bénéfices pour le diffuseur ne se comptabilisent pas seulement en retombées financières mais aussi en terme d'image. La série doit comporter un nombre d'épi-sodes suffisament important pour installer le produit à l'antenne et susciter une envie. Plus le temps de visualisation est important, plus il est facile de convaincre les industriels d'acheter des licences.

Les secteurs industriels concernés par une stratégie de droits dérivés sont nombreux: le jouet, l'édition/papeterie/ carterie, le textile/l'habillement, l'ameublement, l'alimentation et l'hygiène/beauté. Le secteur du fast-food est également devenu un véritable partenaire pour les opérations de licence et rentre de plus en plus tôt en amont dans les montages financiers.

Dominé par le licensing (40% des produits), le marché du jouet est l'allié traditionnel de l'animation. Le renforcement de la concurrence oblige aujour-d'hui les fabricants à miser sur des séries haut de gamme, à forte valeur patrimoniale ou à développer des niches où les investissements sont moindres.

 


Guide

Le SPFA prépare, en collaboration avec l'AFCA, Association Française du Cinéma d'Animation et l'AEFA, Association Européenne du Film d'Animation, Le Guide Professionnel du Film d'Animation en France (parution début 1998). Illustré par Jacques Rouxel, le guide réunit conseils et contacts pour:

  • Découvrir la production française pour le cinéma et la télévision,
  • Comprendre les mécanismes de production,
  • Identifier les commanditaires et les investisseurs,
  • Répertorier les sociétés et les professionnels (penser à remplir la fiche prévue à cet effet),
  • Connaître les moyens de diffusion,
  • Fréquenter les lieux et manifestations dédiés à l'animation,
  • Se former aux métiers de l'animation.


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