L'animation en Allemagne :
un marché &laqno;kolossal»
Avec plus de 30 chaînes sur le câble et le lancement
de son premier bouquet numérique en juillet 1996, l'Allemagne est
devenue incontournable. C'est le premier marché télévisuel
en Europe : 33 millions de foyers TV pour une population de 81 millions
d'habitants...
Lors du dernier MIP-TV, Ellipse Programmes et l'Allemand Trickcompany
annonçaient un accord de partenariat pour des séries TV et
des longs métrages. Pas de hasard : dans l'animation comme dans
d'autres domaines, le volume du marché intérieur allemand
fait sa puissance. Outre-Rhin, les besoins en programmes pour enfants sont
en effet énormes.
Du plus ancien studio, NFP Animation (Wiesbaden), au plus européen,
UFA Filmproduktion (Berlin), en passant par le producteur du dernier film
d'Astérix, Gerhard Hahn Filmproduktion (Berlin), il existe désormais
une trentaine de producteurs d'animation en Allemagne.
A l'avenir, le lent renforcement du soutien financier et éditorial
des chaînes privées allemandes, après les chaînes
publiques, à la production de dessins animés (films, séries,
spéciaux) doit consolider une industrie nationale qui a une vieille
tradition de longs métrages et de fabrication européenne,
comme l'illustrent les liens privilégiés avec l'Europe de
l'Est. Et la création de fonds de soutien régionaux à
la production devrait permettre aux produc-teurs de gagner en indépendance
par rapport aux chaînes.
Par ailleurs, l'industrie allemande du long métrage d'animation,
qui a toujours représenté une alternative aux films Disney,
paraît dopée par ses récents succès. Werner
II de Trickcompany a atteint près de 5 millions d'entrées
et Kleines Arschloch, du même producteur, dépasse les 2,9
millions d'entrées en cinq semaines d'exploitation. Déjà,
de nombreux projets sont en préparation ou en production.
Tout en développant sa production nationale, l'Allema-gne achète
encore la majorité de ses programmes pour enfants, et notamment
les séries en dessins animés, à l'étranger.
Les diffuseurs, distributeurs et producteurs allemands apparais-sent, cependant
de plus en plus dans des montages de coproductions européennes et
développent des partenariats à moyen terme avec, notamment,
des sociétés françaises. On peut ainsi citer Ravensburger
Film+TV qui est devenu un partenaire fidèle dans la coproduction
et le cofinancement de séries en Allemagne et en France.
Les exemples de nombreuses collaborations entre la France et l'Allemagne
semblent tracer la voie de l'avenir. En ce qui concerne les diffuseurs,
l'ARD a conclu un accord avec Saban International sur la production et
l'achat de séries comme Princesse Sissi et Jim Bouton.
De son côté, la WDR, station régionale basée
à Cologne conduit depuis quelques années une politique dynamique
de coproduction de dessins animés, notamment dans le cadre des projets
de l'UER, tandis que PRO7 a mis en place une politique active de coproductions
et établit des rapports privilégiés avec des producteurs
européens comme Gaumont Multimédia.
En définitive, quel que soit sa forme, la recherche d'un partenariat
sur le marché allemand est aujourd'hui une opportunité pour
les producteurs français qui veulent sécuriser leurs sources
de financement et maintenir un volume de production constant et régulier.
Premier diffuseur en volume d'animation, France 3 est
également le partenaire n°1 des producteurs avec un apport de
88 MF en 1996 (soit un tiers de l'investissement des diffuseurs, qui est
de 255 MF), TF1 arrivant en second avec environ 20%, France 2 en troisième
avec 17% puis M6 avec 13%.
Parts de marché Jeunesse : TF1 arrive en tête avec
45,7% des jeunes téléspectateurs, France 3 en second avec
37,4% (réduisant régulièrement l'écart avec
TF1), suivie de M6 avec 30,2% et France 2, 23,7%.
L'offre des chaînes hertziennes a tendance à évoluer
en fonction des investissements publicitaires: les montants investis par
les industriels du jouet se sont portés à 580 MF en 1996,
dont 78% au cours du 4ème trimestre
Second marché : entre 12 et 15 séries d'animation
arrivent aujourd'hui chaque année sur le second marché, vendues
entre 20 et 40 000 F la demi-heure. Elles ont représenté
9% de la grille Jeunesse de France 3 fin 1996.
Canal J prévoit d'augmenter son budget de programmes de
30%, pour atteindre 65 MF en 1997. En 6 ans, la chaîne a consacré
près de 30 MF à la coproduction d'uvres d'animation. Le plus
gros investis-sement :Les malheurs de Sophie avec un apport de 3,5 MF.
Canal + soutient l'animation pour adultes : après Les
sales blagues de Vuillemin, Francis Nielsen réalise en 70' Le Parfum
de l'Invisible d'après Manara (produit par Provision). De son côté,
Folimage développe pour Arte sa première série pour
adultes : Banale et quotidienne.
En 1996, le groupe Nestlé a été le plus
gros annonceur tous media confondus avec 1,2 MMF d'investissement publicitaires,
dont 748 MF en télévision. Parmi les annonceurs TV liés
de près au monde de l'enfant, on note également la présence
de Ferrero en 5ème position avec 442 MF, suivi de Krafts Jacobs
Suchard avec 426 MF. (Source SECODIP).