
![]()
- numéro spécial MIFA - Mai 1997 -
2 500 heures d'animation ont été diffusées en 1996 sur les chaînes françaises, représentant 75% des émissions pour la jeunesse. Et, fait remarquable, les producteurs français sont devenus fin 96, les principaux fournisseurs des chaînes nationales en matière de programmes d'animation, avec 45% du volume d'antenne, reléguant les japonais à un petit 7%, pour la première fois depuis 15 ans.
C'est un des points importants de l'étude réalisée par Stéphane Le Bars pour le SPFA, avec le soutien du CNC et de la Procirep,&laqno;L'animation Française face à la globalisation du marché».
Cette progression doit beaucoup à la politique volontariste des pouvoirs publics en faveur de la relance du secteur de l'animation au début des années 80: Plan Image en 1983, Compte de Soutien en 1986, Guichet Jeunesse en 1989. Ainsi, la production d'animation soutenue par le COSIP a atteint des sommets en 1996, avec 295 heures pour un montant total des devis de 1,1 milliard de francs, alors que le volume annuel ne représentait que 70 heures en 1986. Le niveau d'investissement des diffuseurs français a dépassé les 250 MF.
L'évolution de l'offre de programmes destinés à la jeunesse a accompagné les différentes mutations de la télévision en France au cours des quinze dernières années. En 1995, le volume de diffusion des programmes jeunesse des chaînes hertziennes n'avait pas encore retrouvé le niveau qui était le sien avant la disparition de la Cinq, et ce malgré l'arrivée de la Cinquième. Pour les 4/10 ans, l'offre TV enfant ne représente que 19% de leur consommation. Ils passent donc 80% de leurs temps à regarder des émissions qui ne sont pas conçues pour eux.
TF1 ne propose plus d'émission les mercredi après-midi, ni en fin d'après-midi, pendant la semaine, France 2 n'est plus présent que le mercredi et le samedi matin. Seules France 3 et M6 ont augmenté leur offre. Par ailleurs, les budgets restent faibles en regard du poids du genre dans la grille (environ 7%, mais jusqu'à 14% pour France 3) et alors que la programmation jeunesse joue un rôle non négligeable dans le respect des quotas appliqués à l'ensemble de la grille.
Le problème de la disponibilité des droits câble/satellite est aujourd'hui au centre des relations entre diffuseurs et producteurs.
En effet, si l''impact des nouvelles chaînes thématiques enfants sur la production est pour l'instant limité, elles constituent un produit d'appel pour les bouquets satellites et vont concurrencer sérieusement les chaînes hertziennes dans les années à venir. Celles-ci ne pourront empêcher les thématiques d'entrer dans les tours de table qu'en augmentant leurs apports, alors que la tendance actuelle est plutôt de produire davantage avec un investisssement moindre.
Le volume de commandes devrait ainsi augmenter dans les prochaines années, en raison notamment des obligations de production imposées à TF1 (0,6% du CA pour l'animation) et à M6 (1% du CA) et à celles de Canal+ (4,5% dans la production d'oeuvres audiovisuelles). On peut envisager d'ici 2 à 3 ans la production de 350 heures d'animation par an, soit une trentaine de séries de 26x26'.
Cette évolution reste suspendue au maintien du niveau d'investissement de France-Télévision et à la capacité des producteurs à aller chercher à l'étranger entre 40 et 60% du financement de leur projet.
Création et emploisL'animation française emploie environ 1500 personnes, dont une grande partie sur les tâches industrielles. Les besoins en main d'oeuvre au niveau mondial, les exigences du marché international marqué par une hausse qualitative, l'augmentation des volumes de production escomptée dans les années à venir sur le marché français, la décentralisation de certains studios, rendent nécessaires la mise en place d'une politique de formation adaptée.
Celle-ci sera d'autant plus nécessaire si l'on veut relancer un secteur compétitif de long-métrages et de courts-métrages à gros budget. Après des années de marasme, ces formats semblent aujourd'hui susciter un regain d'intérêt.