
![]()
Le Séminaire Studios SPFA, organisé à Angoulême les 26 et 27 janvier avec le soutien du CNC et du Conseil Général de la Charente, marque le début d'une réflexion sur l'avenir des studios d'animation en France, réflexion entreprise en liaison avec le CNC, l'Afdas et Cartoon. Elle doit contribuer à une prise de conscience collective des producteurs et des centres de forma-tion, et sensibiliser les partenaires de l'animation aux enjeux liés à la croissance des entreprises de production, en matière d'emploi et de formation notamment.
L'augmentation régulière de la demande de programmes ces dernières années (la production tend à se stabiliser aujourd'hui autour de 200 heures par an) a favorisé la création de sociétés de production d'animation et de studios qui se trouvent aujourd'hui confrontés à la difficulté de recruter une main-d'oeuvre qualifiée en quantité suffisante pour assurer cette production.
Parallèlement, de nouveaux modes de production induits par l'industrialisation du secteur, l'internationalisation des montages financiers et l'informatisation de certaines tâches, ont segmenté l'organisation de la production et modifié les besoins.
Dans cette nouvelle organisation du marché de l'emploi, où certains métiers de l'animation ne trouvent plus de débouchés, dans quelles proportions faut-il former des créatifs et des techniciens ou requalifier des professionnels ? La demande veut, souvent dans l'urgence, des gens opérationnels, expérimentés, jeunes, talentueux, fidèles et sans exigences financières disproportionnées.
Problème de transferts de savoir-faire ou de compétences des formateurs ? Une formation pratique pourrait être assurée par une fédération de studios qui prendraient en charge à tour de rôle la phase d'apprentissage, au sortir de l'école pour permettre aux étudiants de s'initier à différents modes et styles de production.
Mais à la base et d'un commun accord, les studios déplorent que les étudiants manquent de simples compétences pour le dessin et d'une culture de l'image. Ils réclament une formation artistique, moins spécialisée, axée avant tout sur la compréhension et la maîtrise de l'animation sur toute la chaîne de production.
Culture d'entreprise ou esprit d'équipe ? Intermittence ou intégration ? Les studios doivent aussi s'organiser pour garantir le marché de l'emploi, gérer la mobilité des personnels, ou retenir les étudiants séduits par les propositions artistiques et financières des studios américains. Ce phénomène s'accentuera avec la diversification de l'offre de formations en Europe, l'échange des techniciens d'un pays à l'autre, d'une structure à l'autre, et l'évolution rapide des nouveaux secteurs d'activité utilisant les compétences de l'animation.
La profession doit trouver les moyens de conserver ses talents, qui garantit la richesse, la variété et la qualité de la production. A défaut de pouvoir assumer économiquement une industrie du long-métrage, le développement d'une production de courts-métrages et de "spéciaux TV" pourrait promouvoir une activité de création auprès des personnels artistiques et pérenniser la production française d'animation sur le marché international.
3D : Les outils de la production
Une enquête SPFA/AEFA sur les outils utilisés par les 25 principaux producteurs et prestataires 3D permet d'évaluer l'impressionnante puissance de fabrication déjà disponible sur le parc français.
Les principaux logiciels 3D sont Explore (SGI) avec 118 licences (212 de calcul) et Softimage avec 105 licences (130 de calcul + 72 Mental Ray). Viennent ensuite Alias (31), 3DS Max (17) et Wavefront (5). La future bataille entre Maya (SGI) et Sumatra (Softimage/ Microsoft) s'annonce rude.
8 sociétés ont des outils de capture de mouvements, 6 des logiciels d'animation temps réel dont une possède un studio virtuel avec Vapour.
La majorité des 25 entreprises intègre des outils de compositing et de post-production : 12 sociétés sont équipée d'Eddie, 7 de Flame, 7 de Composer, 5 de Flint, 4 de Matador et 9 de régies traditionnelles.