ANIMATION WORLD MAGAZINE - ISSUE 4.9 - DECEMBER 1999

L'INA, un précurseur en matière de
nouvelles technologies

par Valérie Rivoallon

Issu en 1974, de la scission de l'ORTF en 7 organismes autonomes, l'Institut National de l'Audiovisuel (INA) a pour mission principale la conservation et la mise en valeur du patrimoine audiovisuel français. La production de création, la recherche et la formation des professionnels figurent également en bonne place dans ses préoccupations. C'est sur ces deux derniers points qu'il est particulièrement actif en ce qui concerne les nouvelles technologies.

Dès 1964, à sa création, le service recherche de l'ORTF s'est interessé à l'animation. Sous l'influence de Pierre Schaeffer notamment, Jacques Rouxel a mis au point la conception de divers prototypes de machine à dessin animé dont l'Animographe, berceau de l'inénarrable série Les Shadoks.

Avec plus de 150 stages pluridisciplinaires, l'INA offre un vaste éventail de formations. © INA.

Recherche et développement
Au début des années 80, alors que la majorité des dessins animés sont fabriqués en Extrême-Orient, des mesures sont prises pour redresser la situation de la production française. Quatre axes prioritaires sont définis : la recherche (fondamentale et appliquée), la formation, la constitution de pôles techniques de fabrication, l'utilisation et la production. Apparaissant comme un lieu d'application privilégié pour les nouvelles technologies, le secteur de l'animation est un terrain de choix pour la mise en oeuvre des travaux de l'INA. Ainsi développe-t-il son premier système de fabrication par ordinateur auquel il forme animateurs et producteurs. Trois générations de systèmes informatiques sont mis au point par son équipe de chercheurs. L'enjeu est la modernisation de la chaîne de production. Il faut limiter les tâches répétitives pour augmenter la productivité et diminuer les coûts. Toonbox et Anim 2000 voient alors le jour. Le premier s'utilise de la saisie des dessins jusqu'au tournage final en permettant l'automatisation des intervallages, traçages, gouachages et la numérisation d'images réelles pour la réalisation des décors. Le second, élaboré en partenariat avec France Animation, Getris Images et le Zentrum für Datenverarbeitung allemand, prend l'allure d'une plateforme offrant une solution globale à l'ensemble de la production. Utilisable dès le layout, il convient spécialement aux entreprises qui gèrent plusieurs projets simultanément sur un ou plusieurs sites et s'adapte aux différents types de produits : spots, pilotes, séries TV, long métrage.

D'autres logiciels tels que Explore furent originaires des laboratoires d'études de l'INA avant d'être confiés à d'autres sociétés comme Thomson Digital Image. "Notre vocation n'est pas de concurrencer le secteur privé, mais plutôt de dynamiser une activité en émergence. Lorsque nous nous sommes intéressés à l'image de synthèse, nous répondions à un besoin, aujourd'hui plusieurs entreprises ont pris le relais et notre priorité s'est déplacée vers la restauration numérique et la protection des données ainsi que vers l'analyse et l'interprétation des documents face aux nouveaux modes de consultation,"explique Bruno Bachimont, directeur de la Recherche.

La formation, un aspect fondamental
Côté formation, il en est tout autrement puisqu'il faut en permanence répondre aux besoins des professionnels en matière de manipulation d'outils. Premier centre de formation européen, INA formation accueille chaque année près de 3 500 stagiaires couvrant ainsi tous les secteurs de l'audiovisuel, du multimédia et des nouvelles technologies. Riche de 25 ans d'expérience, le département bénéficie d'un environnement technique et professionnel unique grâce à la proximité de ses autres unités. Plus de 150 stages inter-entreprises figurent à son catalogue de même qu'un service d'expertise, de conseil et d'ingénierie pédagogique qui lui permet de s'adapter aux demandes individuelles.

16 laboratoires, 4 studios, 18 cellules de montage et plusieurs studios d'images de synthèse équipés respectivement de station Indigo II hi impact, NT Silicon Graphics ou Onyx sont mis à la disposition des stagiaires pour un concept pédagogique placé sous le maître mot de l'expérimentation. Pour l'image de synthèse et les effets spéciaux, initiation et perfectionnement sur logiciel Softimage 3D,3D Studio Max, Character Studio, Maya, Lightwave, Flame-Flint-Effect, Media Illusion, After-Effects, Avid Media Composer se déroulent sur des périodes de 3 à 25 jours pour des effectifs maximum de 9 personnes. L'acquisition de la connaissance des outils, système, procédures et coûts du studio virtuel s'effectue quant à elle sur trois jours pour des groupes ne dépassant pas les 16 personnes. Les stages orientés micro-informatique et multimédia sont encore plus variés et touchent toutes les étapes de l'ABC CD ROM/internet au management de projet en passant par la scénarisation, la recherche sur internet ou l'infographie et l'animation pour le multimédia.

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