Wonderfulissime voyage en folioscope
Du 17 au 28 février dernier se déroulait à Bruxelles le dix-septième Festival du dessin animé et du film d'animation.
Comme à l'accoutumée, rien ne manquait au programme. Que l'on soit parent venu accompagner son fiston, enfant venu accompagner son tonton, quidam égaré ou passionné, chacun trouvait là de quoi satisfaire ses appétits. Pas moins de douze longs métrages tout animés en commençant par Anastasia de Don Bluth et Gary Goldman présenté en avant-première, en passant par Cats Don't Dance de Mark Dindal, Mr. Bugs Goes to Town deuxième long métrage des frères Fleischer ou La planète sauvage de René Laloux pour ce qui est des plus anciens, sans oublier les dernières impertinences de Bill Plympton dans I Married a Strange Person et de Michael Schaack et Veil Vollmer dans Kleines arschloch d'après la bande dessinée de Walter Moers très populaire en Allemagne.
D'excellentes conferences
Côté effets spéciaux et images de synthèse, films courts ou longs était disputaient les séances avec à l'appui présentations et conférences passionnantes. Virginie Guilminot est venue accompagner la rétrospective des prix pixel INA d'Imagina dont la première édition eut lieu en 1985. Les images de synthèse étaient aussi à l'honneur avec la présentation de films primés 1997-98. Parmi les coups de projecteurs, l'indétrônable ILM, représenté par Hal Hickle qui comparait pour l'occasion son travail d'animation photo réaliste sur Lost World et celui plus cartoonesque dans Men in Black. Jan Carlée parlait au nom de Blue Sky|VIFX. Venu armé de diapositives et de vidéos très détaillées, il expliquait les spécificités du progiciel basées sur l'analyse du comportement de la lumière. De Joe's Apartment à Alien: Resurrection, il s'appuyait sur deux exemples aux antipodes l'un de l'autre. Le premier semble avoir été une véritable jouissance pour la petite équipe qui s'entraînait mutuellement dans une surenchère délirante. Alien à l'inverse relevait plutôt du casse-tête chinois. Formé à la plongée pour l'occasion, Jan Carlée n'a pas hésité à plonger lui-même dans le grand réservoir scellé pour se livrer aux essais et expérimentations. Arnault Lamorlette, Rob Legato, Michel Roosens, Jean-Marc Geyer, Kim Goosens, Rudy Verbeeck étaient également présents pour disserter sur leur travail concernant La cité des enfants perdus, Titanic, Donkey Kong Country...
Des programmes à la pelle
Du côté du film court, trois genres de formules étaient proposés: des hommages, des compilations de films à thème ou spéciaux TV et le meilleur des dernières créations à travers 80 films issus de près de 15 pays.
Les hommages étaient tous deux consacrés à une réalisatrice finlandaise. Marjut Rimminen, nommée artiste de l'année 1998 dans son pays retraçait son parcours en commentant publicités (pour Tetra pak notamment) films pour enfants (The Frog King, Urpo et Turpo) et créations plus personnelles. Primée à Zagreb pour son premier film publicitaire, elle ne cessa de multiplier les expériences, pour la BBC mais également pour la firme de John Halas et Joy Batchelor; cependant c'est à travers des films plus polémiques qu'elle se fit remarquer aux côtés de Christine Roche, notamment pour I'm Not a Feminist, But... d'un ton très acéré puis pour Blind Justice - Some Protection sur la condition féminine en milieu carcéral. La maîtrise de la structure scénaristique atteignit son apogée dans The Stain, psychodrame familial de 1991 basé sur un fait divers. Mêlant le dessin animé à l'animation de poupées, il utilisait le flash back et le montage en boucle pour reconstruire l'énigme sur un rythme émotionnel croissant. En 1996, Many Happy Returns exploita la même démarche pour une introspection douloureuse et émouvante y ajoutant cette fois des images de synthèse (grand prix aux Festivals d'Odense et d'Espinho). Aujourd'hui, toujours établie en Grande-Bretagne, Marjut Rimminen consacre une bonne partie de son temps à l'enseignement.


























Post new comment