La Coca animée: comprendre la petite feuille
Tout ce qui est nôtre est sacré,
La coca le confirme bien,
Dans ses feuilles elle dit toute la vérité.
Ne piétine plus ma coca.
Hier, ils ont piétiné ma maison,
Ils ont enlevé les richesses,
Et maintenant, ils veulent en finir avec ma coca.
(La métamorphose de la petite feuille Graphoui)
Janvier 1992
Du Sud au Nord, des enfants parlent de leur quotidien à travers l'histoire d'une même petite feuille: la COCA. Ils racontent en dessin animé que "la coca est bonne, la cocaïne est mauvaise." Ces jeunes qui content la "hojita" entre la lune et le soleil sont des enfants de paysans ou de mineurs boliviens qui, par manque de ressources, se sont déplacés des zones rudes vers El Alto (vaste citée improvisée aux abords de La Paz, la capitale de la Bolivie), ou à Cochabamba, ou du côté des Yungas dans la comunidad de Machacamarca.
A quelques milliers de bornes de la petite feuille, à Paris (la Goutte d'Or), à Bruxelles (la Ruelle), entre terrains vagues, parkings, crayons de couleur, prise de son, scénario, photographies et prise de vue 16mm, d'autres enfants font signe aux films d'animation de nos petits amis boliviens.
Entre eux, réalisé par eux, entendu par eux, par une méthodologie appropriée, il a existé, de manière participative et interactive, un collectif d'échange de regards de réalisation de films qui interpelle créativement la thématique du sujet.
La beauté de la démarche repose sur l'imaginaire et le vécu des enfants qui en savent peut-être plus que Blanche Neige...
La production et les réalisations cinématographiques ont investi toutes les complicités du partenariat local concerné.
Le projet a animé des ateliers de cinéma d'animation avec des enfants, des adolescents et des adultes impliqués au Nord et au Sud dans des contextes liés à la consommation de drogue et/ou à la production de "plantes à drogue."
Il s'est s'agit, dans un premier temps, de recueillir des paroles, des images et des regards de populations qui sont confrontées au Nord et au Sud à la problématique de la drogue. La mise en langage audiovisuel a été faite par la réalisation de dessins animés (au sens large) par les personnes concernées (enfants, jeunes et adultes) suivant une méthode expérimentée depuis une dizaine d'années par l'atelier cinématographique GRAPHOUI. (ndlr: la technique utilisée est celle du dessin animé -support papier et cello- filmé en 16mm et developpé sur place). Celle-ci a l'avantage de pouvoir s'adapter aux différences culturelles et aux ressources locales rencontrées.
Simultanément, le projet a proposé de réaliser, en collaboration avec ces populations, un documentaire vidéo sur la démarche des différents ateliers et les environnements sociaux, économiques et culturels auxquels renvoient les films d'animation qui y seront réalisés.
Les productions visuelles et sonores des différents ateliers d'initiation et de réalisation cinématographique ont progressivement été échangées entre elles. Leur interaction a abouti au montage d'un film-synthèse susceptible de faire passer à l'écran une parole concertée entre le Nord et le Sud sur une problématique "d'inter-dépendance."
Les objectifs pédagogiques
Le projet repose sur le rapprochement qui s'est amorcé durant la Campagne Européenne d'Information sur la Drogue entre des organisations non gouvernementales européennes et du Sud préoccupées de "drogue/développement," et des organisations de prévention ou d'action par rapport à la toxicomanie. La proposition de travail se fonde sur l'intérêt partagé par ces différentes associations à mener ensemble sur un même thème une action à la fois en termes de sensibilisation aux problèmes de mal-développement au Sud et en termes d'éducation à la santé et plus particulièrement de prévention à la toxicomanie.
En termes d'éducation au développement
Le contenu du projet propose un approche vivante des problèmes de développement en Bolivie par le biais d'une composante (la production de coca) qui y joue un rôle social, politique et culturel déterminant. Cet objectif de sensibilisation sur les difficultés rencontrées par un pays du Sud dans son développement est par ailleurs élargi dans une perspective d'ensemble grâce à la dynamique d'échange Europe / Amérique du Sud du projet. La proposition d'élaborer une parole collective, ouverte et partagée entre la réalité des producteurs dans le tiers monde et celle des personnes préoccupées ou concernées par la toxicomanie en Europe, vise à révéler plus concrètement les relations de dépendances réciproques qui peuvent s'établir entre les problèmes des pays du Sud et ceux des pays du Nord.
En termes d'éducation à la santé
Cette prise en compte globale ouverte à la géopolitique permet de même d'élargir le cadre de réflexion sur un sujet de santé publique qui devient de plus en plus préoccupant mais qui reste très difficile à traiter en termes préventifs, notamment auprès des jeunes: l'augmentation de la toxicomanie aussi bien en Europe que dans les pays défavorisés.























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