Hiroshima 96, Journal de bord

Monique Renault (Pays-Bas).Jeudi 22, premier jour du festival Arrivée hier après avoir survolé la moitié du monde sans en avoir vu grand chose. Si. Taiwan. C'est beaucoup plus grand que je ne l'imaginais. Pour moi, Taiwan c'etait un amoncelement de petits ateliers où les gens s'entassent pour fabriquer des faux Dior, des fausses Rayban ou Adidas ... Apparemment ils ont aussi des montagnes et de la verdure. Je suis contente de revenir à Hiroshima. En mai dernier, pour la selection - ah! la sélection! - j'avais découvert le...

Lundi 26
9h15. C'est tôt pour un lendemain de ASIFA party. Kathy Rose danse devant ses animations. Spectacle total s'il en est, qui combine des influences de plusieurs cultures, égyptiennes, indiennes, russes, des années 20.

C'est le jour où chacun va faire ses courses pour rapporter des cadeaux à la maison. C'est drôle et instructif de voir ce que chacun a acheté. De la montre à passer au doigt au couteau spécial pour couper le bambou, sans compter les chapeaux, bouteilles de saké bien sûr. Ici ils font du saké en boite de conserve et quand on retourne la boite et enlève le couvercle, après cinq minutes on a du saké chaud. Je vais en rapporter moi aussi.

Enfin, la cérémonie de clôture. Annonce et remise des prix. Des surprises et des satisfactions. De toutes façons, la cérémonie est réglée à la perfection. Sayoko surveille tout son monde. Elle est incroyable d'énergie, de vitalité, de force et de gentillesse. Quand elle fait son bref discours de clôture, sans oublier de remercier tout le monde et chacun, elle est drôle, toute petite fée aux longs cheveux bouclés. Seule derrière un micro, au milieu de l'immense scène.

Revenons aux prix: presque tous les films que j'avais en vue ont eu quelque chose. Le grand prix pour Repete de Michaela Pavlatova. Contente pour elle. Moi, j'y voyait ou Le lion à barbe grise ou Small Treasures. Il y va des jurys comme des comités de sélection. Mais lorsque nous en reparlons entre nous, nous apprécions le fait que tous ces films ont une chose en commun, pas forcément des films faciles mais pratiquement tous racontent une histoire.

Et puis après... quoi ? Mais la fête bien sûr; celle, la finale, où l'on échange encore plus d'adresses, où l'on s'embrasse encore plus, où l'on boit encore plus de verres à la santé d'un pays, d'un ami ; on est dans la convivialité de l'animation. Bruno Edera y va à nouveau de ses histoires, Jacques Drouin aussi. On se retrouve Nicole et moi à nouveau à pleurer de rire. C'est impossible ; on n'arrive pas à se quitter... A deux heures du matin, le Japon, l'Autriche, l'Australie, la Russie, la France, la Hollande - moi donc - le Portugal, le Canada, les USA, la Suisse, la Belgique, nous chantons, discutons un peu, de plus en plus vaguement d'ailleurs, de l'avenir de l'animation... du prochain festival... L'animation est un beau pays dont je suis fière d'etre citoyenne... un peu fatiguée mais heureuse.

Hiroshima, mardi 27 août 1996, 15 heures


Monique Renault est une réalisatrice independante basée à Amsterdam.
Trois de ses films ont ete présentés a Hiroshima cette année : Cheers, La Donna e Mobile et Pas à deux..




















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