Hiroshima 96, Journal de bord

Monique Renault (Pays-Bas).Jeudi 22, premier jour du festival Arrivée hier après avoir survolé la moitié du monde sans en avoir vu grand chose. Si. Taiwan. C'est beaucoup plus grand que je ne l'imaginais. Pour moi, Taiwan c'etait un amoncelement de petits ateliers où les gens s'entassent pour fabriquer des faux Dior, des fausses Rayban ou Adidas ... Apparemment ils ont aussi des montagnes et de la verdure. Je suis contente de revenir à Hiroshima. En mai dernier, pour la selection - ah! la sélection! - j'avais découvert le...

Cloks de Kirsten Winter, Allemagne. Moitié live-action, moitié animation. Un genre de documentaire sur la vie et l'oeuvre de la compositeur-pianiste Elena Kats-Chernin. Beaux effets de peinture sur la vue réelle. Image et musique se complètent fortement. Beaucoup de bons films ce soir. Le public est content et cela se sent, on continue... Birds in the Window d'Igor Kovalyov, USA ; Abductees de Paul Verster, UK. Docu-animé. Aussi un de mes favoris pour le palmarès. Curieuse d'avoir la réaction du public, car ce n'est pas un dessin animé ordinaire. Mélange d'interviews et d'animation des récits et des dessins. des illuminés persuadés qu'il ont vu des extra-terrestres. Superbe idée originale traitée de main de maitre par le professionalisme de Paul. Le public semble aimer autant que moi. Ce n'était pas évident.

Puis An Artist par Michèle Cournoyer, Canada. Fait partie des "droits de l'enfant". Live-action superposée d'animation. Une jeune fille veut devenir compositeur contre la volonté de son père. Rassurez-vous! elle réussira. Heureusement! Thou Shalt Not Covet Thy Neighbour's Wife par Phil Mulloy, UK. Trait noir à l'encre, grossier et provocateur, à mourir de rire. Libérateur! Et pour terminer, Le lion à la barbe grise par Andrey Khrajanovsky, Russie. Trente minutes de poésie, de pure animation. Un plaisir ému. L'amitié entre le lion Amadeo et son maitre Peretty. Une histoire à la Fellini. Le lion ressemble fort à Andrey lui-même, tout en subtilité et émotions. Déjà vu à Annecy où je pensais qu'il aurait le grand prix. Peut-être ici ? Bien qu'il soit tard, le public reste et aime.

Pour clôre la soirée, fête bien entendu, offerte par les sponsors d'Hiroshima. Fou! Du saké à volonté. Chaleur étouffante. Tout le monde à genoux, sur les talons. A la japonaise. Chacun y va de sa chanson. Je dirige la chorale francophone! J'avais apporté des partitions. Grand succès du "petit vin blanc" et "sous les ponts de Paris"!...

Samedi 24
Jour du pique-nique à Mijashima. Tout le monde s'entasse dans des bus, puis dans un bateau pour aller dans une ile en face d'Hiroshima. Visite guidée du Temple ; la grande porte rouge de l'empereur, je ne sais plus lequel. Attention aux daims ; ils ont tendance à tout bouffer. J'ai la mauvaise idée de leur donner des biscuits et ils sont une légion autour de moi, même à essayer de goûter à ma jupe. Ils sont protégés et on n'a pas le droit de leur donner des coups de pied! Midi, barbecue sur la plage. Somptueux. On va se baigner. C'est drôle de voir des gens que l'on voit toujours en robe ou complet-veston tout d'un coup en maillot de bain... Ca a quelque chose d'émouvant! Ils doivent penser la même chose de moi en voyant mes bourrelets! Enfin tout ce monde satisfait et repu, un peu somnolent rentre au festival.

18h30, compétition. Premier film Barflies de Greg Holfeld, Australie. Poupées animées. Deux mouches qui se pètent la gueule dans un pub. Le parallèle avec les consommateurs est évident. Rafraichissant. Une bonne bande son avec sa cascade de rots. L'Australie a envoyé beaucoup de bons films. Des premiers films, des films d'étudiants qui montrent un grand dynamisme et un avenir florissant. Ils doivent avoir de bons enseignants, là-bas. C'est une école qui monte.

Repete de Michaela Pavlatova, Republique Tchèque. Déjà vu maintes et maintes fois. Once Again, I'll Salute The Sun de Mahin Javaherian, Iran. Etonnant ; la paix ; la guerre ; la paix ? Rotoscope; probablement. Je l'avais beaucoup aimé pendant la sélection, et ne suis pas déçue cette fois-ci. J'espère le retrouver au palmarès. The Country Doctor de Katarina Lillqvist, Finland. Puppets ; sur une histoire de Kafka. Un peu confuse, difficile à suivre. La bande son est un peu trop poussée, mais l'animation, les poupées sont superbes. We Lived In Grass, Andreas Hykade, Allemagne; premier film. Dessin sur papier et cellulo. Graphisme volontairement primitif. seize minutes c'est long, mais ça passe bien. Un film personnel, de même que pour Barry Purves, l'expression inhabituelle d'un garçon qui parle de sa naissance, de la guerre, de l'amour et reproche à son père de lui avoir caché la vérité. Bon pour le palmarès?
















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