Hiroshima 96, Journal de bord
Cloks de Kirsten Winter, Allemagne. Moitié live-action, moitié
animation. Un genre de documentaire sur la vie et l'oeuvre de la compositeur-pianiste
Elena Kats-Chernin. Beaux effets de peinture sur la vue réelle. Image
et musique se complètent fortement. Beaucoup de bons films ce soir.
Le public est content et cela se sent, on continue... Birds in the Window
d'Igor Kovalyov, USA ; Abductees de Paul Verster, UK. Docu-animé.
Aussi un de mes favoris pour le palmarès. Curieuse d'avoir la réaction
du public, car ce n'est pas un dessin animé ordinaire. Mélange
d'interviews et d'animation des récits et des dessins. des illuminés
persuadés qu'il ont vu des extra-terrestres. Superbe idée
originale traitée de main de maitre par le professionalisme de Paul.
Le public semble aimer autant que moi. Ce n'était pas évident.
Puis An Artist par Michèle Cournoyer, Canada. Fait partie
des "droits de l'enfant". Live-action superposée d'animation.
Une jeune fille veut devenir compositeur contre la volonté de son
père. Rassurez-vous! elle réussira. Heureusement! Thou
Shalt Not Covet Thy Neighbour's Wife par Phil Mulloy, UK. Trait noir
à l'encre, grossier et provocateur, à mourir de rire. Libérateur!
Et pour terminer, Le lion à la barbe grise par Andrey Khrajanovsky,
Russie. Trente minutes de poésie, de pure animation. Un plaisir ému.
L'amitié entre le lion Amadeo et son maitre Peretty. Une histoire
à la Fellini. Le lion ressemble fort à Andrey lui-même,
tout en subtilité et émotions. Déjà vu à
Annecy où je pensais qu'il aurait le grand prix. Peut-être
ici ? Bien qu'il soit tard, le public reste et aime.
Pour clôre la soirée, fête bien entendu, offerte par
les sponsors d'Hiroshima. Fou! Du saké à volonté. Chaleur
étouffante. Tout le monde à genoux, sur les talons. A la japonaise.
Chacun y va de sa chanson. Je dirige la chorale francophone! J'avais apporté
des partitions. Grand succès du "petit vin blanc" et "sous
les ponts de Paris"!...
Samedi 24
Jour du pique-nique à Mijashima. Tout le monde s'entasse dans des
bus, puis dans un bateau pour aller dans une ile en face d'Hiroshima. Visite
guidée du Temple ; la grande porte rouge de l'empereur, je ne sais
plus lequel. Attention aux daims ; ils ont tendance à tout bouffer.
J'ai la mauvaise idée de leur donner des biscuits et ils sont une
légion autour de moi, même à essayer de goûter
à ma jupe. Ils sont protégés et on n'a pas le droit
de leur donner des coups de pied! Midi, barbecue sur la plage. Somptueux.
On va se baigner. C'est drôle de voir des gens que l'on voit toujours
en robe ou complet-veston tout d'un coup en maillot de bain... Ca a quelque
chose d'émouvant! Ils doivent penser la même chose de moi en
voyant mes bourrelets! Enfin tout ce monde satisfait et repu, un peu somnolent
rentre au festival.
18h30, compétition. Premier film Barflies de Greg Holfeld,
Australie. Poupées animées. Deux mouches qui se pètent
la gueule dans un pub. Le parallèle avec les consommateurs est évident.
Rafraichissant. Une bonne bande son avec sa cascade de rots. L'Australie
a envoyé beaucoup de bons films. Des premiers films, des films d'étudiants
qui montrent un grand dynamisme et un avenir florissant. Ils doivent avoir
de bons enseignants, là-bas. C'est une école qui monte.
Repete de Michaela Pavlatova, Republique Tchèque. Déjà
vu maintes et maintes fois. Once Again, I'll Salute The Sun de Mahin
Javaherian, Iran. Etonnant ; la paix ; la guerre ; la paix ? Rotoscope;
probablement. Je l'avais beaucoup aimé pendant la sélection,
et ne suis pas déçue cette fois-ci. J'espère le retrouver
au palmarès. The Country Doctor de Katarina Lillqvist, Finland.
Puppets ; sur une histoire de Kafka. Un peu confuse, difficile à
suivre. La bande son est un peu trop poussée, mais l'animation, les
poupées sont superbes. We Lived In Grass, Andreas Hykade,
Allemagne; premier film. Dessin sur papier et cellulo. Graphisme volontairement
primitif. seize minutes c'est long, mais ça passe bien. Un film personnel,
de même que pour Barry Purves, l'expression inhabituelle d'un garçon
qui parle de sa naissance, de la guerre, de l'amour et reproche à
son père de lui avoir caché la vérité. Bon pour
le palmarès?
























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