Hiroshima 96, Journal de bord

Monique Renault (Pays-Bas).Jeudi 22, premier jour du festival Arrivée hier après avoir survolé la moitié du monde sans en avoir vu grand chose. Si. Taiwan. C'est beaucoup plus grand que je ne l'imaginais. Pour moi, Taiwan c'etait un amoncelement de petits ateliers où les gens s'entassent pour fabriquer des faux Dior, des fausses Rayban ou Adidas ... Apparemment ils ont aussi des montagnes et de la verdure. Je suis contente de revenir à Hiroshima. En mai dernier, pour la selection - ah! la sélection! - j'avais découvert le...

En général le public ce soir réagit bien, plus chaleureusement que cet après midi. Ils sont globalement assez satisfaits de la sélection, à part une personne qui commence à me poursuivre car le film qu'il a produit n'est pas "in" alors qu'il aurait dû. Il parait qu'il y a toujours quelques mécontents qui le font savoir. Sayoko, la directrice du festival, en sait quelque chose.

Après la projection, fête. On est accueilli par un concert de tambours japonais. Ils doivent avoir un nom impressionnant. Cela relève de la danse en même temps et du rite, le tout pour en fin de compte ouvrir un tonneau de saké. David Erlich et Raoul Servais en font les honneurs, après speechs, traductions, etc. ... Buffet gigantesque de tous les sushis et autres delicatessen imaginables. La fête se termine à minuit. Ici, à Hiroshima, les fêtes se terminent à 23 ou 24 heures.

Vendredi 23
D'abord un café. Tout le monde se retrouve dans le hall du festival. En fait, c'est un hôtel avec deux salles de cinéma, des salles de réunion, un restaurant. On peut pratiquement vivre dans le "Aster Plaza" sans avoir besoin de sortir. C'est dans le hall que tout se passe ; les rendez-vous, les discussions, les photos et interviews. A la différence d'Annecy, atteint de gigantisme, ici il est possible de rencontrer tout le monde. Les projections de compétition ont lieu toutes les fins d'après-midi à 18h30. Dans la journée, des tas de programmes spéciaux. A 9h15, première de notre workshop ASIFA commun dans un programme spécial composé par le festival "Animation by children throughtout the world". La presse est là, beaucoup d'enfants et un très bon public pour une heure si matinale. Sayoko fait les présentations d'usage.

"Les droits de l'enfant" est extrêmement bien reçu. Le programme me parait bien meilleur que quand nous avions fait le montage en Belgique, Jean-Luc Slock - le secrétaire du groupe - et moi. La diversité des techniques, des idées, des musiques, des spontanéités des enfants fait que ces quarante minutes passent vite. C'est très encourageant. On fait bien la différence entre la rigidité des textes écrits par des adultes et l'imaginaire des enfants. Rien qu'à voir ce résultat, l'animation a de l'avenir! Un peu plus tard les studios Disney font une présentation de "computer generated crowd characters in The Hunchback of Notre Dame", pendant qu'ailleurs, Thailande et Sri Lanka montrent l'animation asiatique. Impossible de tout suivre ...

Plus tard dans l'après-midi, Raoul Servais nous fait le plaisir d'introduire Harpya (1979) qui reste toujours surprenant avec son étrange oiseau-femme papier et Taxandria (1995) son long métrage hyper surréaliste. Taxandria est une ville mystérieuse qui n'a ni mémoire ni temps, ni passé ni futur, mais où les habitants ont perdu leur liberté. Mais l'amour entre en jeu et sauve tout, comme d'habitude, et saura détruire la dictature de "Taxandria" et rendre la liberté aux Taxandriais. Les effets spéciaux sont époustouflants, mélangent la vue réelle et l'animation. Pour ma part, je préfère de beaucoup la partie animée.

Après, pour se changer les idées et respirer, ma copine Kine Aune, de Norvège, et moi allons faire le marché. Je retourne à la poissonnerie où j'allais en mai et suis très satisfaite que les gens me reconnaissent. Il faut dire que nous avions comparé, en mai, les différentes façons de pêcher en Bretagne et au Japon et que, ne parlant pas le japonais et eux pas le français, j'avais fait des dessins d'hameçons, de crochets, de cannes à pêche et autres filets... le pouvoir du dessin!

8h30, 2ème programme. S'ouvre sur un de mes films favoris Le Moine et le Poisson de Michael Dudok de Wit. Hollandais qui a travaillé à Londres et réalisé son film en France à Folimage (Valence). J'admire tout dans ce film. La simplicité de l'histoire, un moine et un poisson, mais une philosophie de la joie et de la quiétude. Je l'ai déjà vu plusieurs fois et à chaque fois je découvre un plus. L'animation est faite au détail près; le graphisme - ligne noire à l'encre de chine - le choix du papier, les couleurs des décors, à l'aquarelle, pures et vives - bleus jaunes - le timing, la musique, tout me met en joie. Je le verrais bien dans les prix.
















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