Hiroshima 96, Journal de bord
Jeudi 22, premier jour du festival
Arrivée hier après avoir survolé la moitié du
monde sans en avoir vu grand chose. Si. Taiwan. C'est beaucoup plus grand
que je ne l'imaginais. Pour moi, Taiwan c'etait un amoncelement de petits
ateliers où les gens s'entassent pour fabriquer des faux Dior, des
fausses Rayban ou Adidas ... Apparemment ils ont aussi des montagnes et
de la verdure.
Je suis contente de revenir à Hiroshima. En mai dernier, pour la
selection - ah! la sélection! - j'avais découvert le Japon,
la gentillesse des japonais rencontrés dans le travail et par hasard.
Et la beauté des iles aux environs. Pour la sélection, ou
a vu plus de 1000 je n'ose pas dire films - oeuvres - et selectionné
74. Ça fait un grand nombre de déçus et mécontents!
Ce qui rend le festival encore plus intéressant pour moi, c'est de
voir sur l'écran le resultat de cette difficile gestation et d'entendre
les commentaires. Premières impressions cet après-midi.
Hier soir, à peine arrivée, pas le temps de défaire
la valise, réunion des ateliers ASIFA. Retrouvé Sayoko Kinoshita,
la directrice du festival, Abi Feijo, David Ehrlich, et ma chère
Nicole Salomon, entre autres. Préparation de la présentation
de notre dernier workshop collectif à la presse et au public japonais.
Thème du workshop "les droits de l'enfant". Résultat
plus ou moins heureux. Nous avons ensuite, Abi, Nicole, David et moi redigé
un texte pour la presse.
Ouverture du Festival. Dans l'après-midi, projection du premier programme
"Best of the World". Beaucoup de monde. L'atmosphère est
agréable. Mais le public réagit peu aux films. Revu Joy
Street de Suzan Lee Pitt, USA, animation et design superbes. Rainbows
of Hawaii de Faith Hubley, USA, que j'aime à cause de sa grande
poésie, un charme que peu d'autres artistes possèdent.
Puis enfin, la cérémonie d'ouverture avec ses présentations,
remerciements, congratulations et traductions. Raoul Servais fait un speech
très apprécié, il parle de la paix et de notre devoir
d'artistes à utiliser l'animation pour envoyer des messages de paix
alors que la guerre et l'anti-démocratie font rage dans certaines
parties du monde. Le Festival s'ouvre sur Triangle d'Erica Rae Russell,
UK ; abstrait pratiquement, mais de manière et de style différents.
Elle me fait penser à Cathy Rose par sa démarche de mélanger
la musique et la danse avec l'animation, je ne vais pas nommer tous les
films du programme, seuls ceux qui me reviennent clairement en mémoire.
D'ailleurs, à propos de mémoire, c'est étonnant comme
je me souviens peu des films. C'est presque une chance! Cela me permet de
les redécouvrir. Ex Child de Jacques Drouin, Canada ; un des
films de la série de l'ONF pour les droits de l'enfance, contre les
enfants soldats, écran d'épingles ; exemple du message porté
par Raoul Servais ; Quest de l'allemand Tyron Montgomery ; premier
film. Elève de Paul Driessen ; la recherche d'un personnage ; une
sorte de Golem en sable ; à travers des mondes en étages de
papier, de pierre, de fer, à la recherche de l'eau. Dramatique, mais
magnifiquement animé. Le public n'a pas apprécié Jumanji
de Joe Johnston, USA ; on nous en a reproché la sélection.
Mais je trouve que ce serait une bonne idée d'avoir une sélection
spéciale dans les festivals pour les bande-annonces et autres effets
spéciaux.
Le merveilleux Achilles de Barry J. C Purves, UK. J'aime sa dramaturgie,
son découpage, son courage de faire un film homosexuel. Je trouve
que de plus en plus d'hommes savent faire des films traitant de leurs problèmes
personnels. Domaine qui était jusqu'alors reservé aux femmes.
On disait que les films de femmes parlaient surtout de leur corps. Maintenant
les hommes ne sont plus gênés pour parler d'eux mêmes.
Effet bénéfique des féministes.

























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