Carnaval en court et en long au bord du lac
Du côté des longues séries à épisodes, que Duckman (un épisode de Raymie Muzquiz, produit par Klasky-Csupo) l'ait emporté cette année (prix spécial pour une série de 13 à 26 mn) sur Superman (Warner Bros), ne bouleverse pas le Landerneau télévisuel. Klasky-Csupo figurait déjà au palmarès ii y a deux ans, avec Aahhh!!! Real Monsters (de nouveau présenté en compétition cette année). Aussi The Maxx de Greg Vanzo. Outre de nouveaux épisodes de Pinky and the Brain (Warner Bros), une resucée canadienne de Little Lulu (Cinar), un touchant Toy Story britannique sur cellulo The Forgotten Toys de Graham Ralph, un spécial de 25 mn), et d'autres contes anglais The Further Adventures of Peter Rabbit d'après Beatrix Potter), ou français Les Contes de la rue Broca (d'après Pierre Gripari), les écrans furent bien approvisionnés en Trolls polonais (Film under a frightful title de Laszek Galyz), vache folle (Destination Moon de l'Américain Gordon Clark), toutous atrabilaire (Bedlam british d'Alison Snowden et David Fine), voire bébé dinosaure (Dino dans les buissons ) de Jean-François Bourrel) ou bélliqueux insectes (un épisode de la série Insektors de Georges Lacroix), ces deux derniers made in France sur ordinateur 3D.
Avec ou sans ordinateur
L'ordinateur demeure à l'ordre du jour, nous introduisant dans un paysage post-impressionniste avec des dorures automnales pour la gloire du cognac Martell (déjà cité au palmarès dans les performances britaniques), et dans d'autres déclinaisons publicitaires : Smarties (Fantôme), Snickers (ILM). I1 s'intègre, diversernent dosé, dans quatre des six longs métrages présentés en compétition. James et la pêche geante de l'Américain Henry Selick (primé dans cette catégorie), librement inspiré de l'ouvrage homonyme, de Roald Dahl, combine (en ouverture et en final) des vues réelles avec ses marionnettes. corsées de numérisation pour une séquence en haute mer. La Flèche bleue de l'italien Enzo d'Alo, un Toy Story pour tout petits en dessins animés (d'après un récit de Gianni Rodari), a bénéficié de l'assistance ordinographique 2D pour permettre à un charmant tohu-bohu de véhicules à roulettes ou aéroportés de circuler comme il convient en milieu urbain. Le Monde est un grand Chelm d'Albert Kaminski, une coproduction franco-germano-hongroise s'inspirant de divers récits d'I.B. Singer comporte une séquence en images de synthèse (la destruction d'un village par un golem) combinant sans heurt personnages dessinés et images de synthèse 3D. Des bestioles numérisées font bon ménage avec un important casting de vrais cafards dans la bicoque, de John Payson (Joe's Apartment). A en croire le réalisateur (et producteur pince-sans-rire de Liquid TV), son récit serait en partie autobiographique. Est-ce le cas des deux longs parcours sur cellulo ? Si leWerner-Eat my Dust de I'allemand Michael Schaack (seconde adaptation à I'écran d'une BD de Brösel) road movie à moto en milieu rural, carburant à la bière tourne un peu en rond à la longue, les affreux, sales et méchants ados libidineux de Mike Judge (Beavis and Butt-Head do America ) accumulent les calamités en 77 minutes, avec apparemment la complicité de beaucoup de spectateurs, en embobinant même le président Clinton.
Perspectives et rétrospectives
D'autres espaces disséminés à l'épicentre Bonlieu, ou en divers lieux de la ville, incitaient à (re)découvrir une oeuvre, déployée sous la cimaise ou en projection. Cette année un hommage fut rendu à Renzo Kinoshita, fameux cinégraphiste récemment disparu, l'un des pilliers du festival d'Hiroshima (Peace and Love), un témoin de son temps à l'humour acerbe, aux frères Frenkel, pionniers de l'animation en Egypte, à Stephen Bosustow, pionnier de la UPA, à Fedor Khitruk, doyen de l'animation russe, aussi à André Khrzanovski, qui nous offrit le premier état d'un long voyage, (entrepris avec son complice Tonino Guerra) inspiré des caricatures de Federico Fellini. Itou de l'Ostendais Raoul Servais - l'auteur de Taxandria - ajouta les prémisses d'un nouvel envol (Papillons de Nuit).
Annecy sans fin
Et nous n'avons rien dit des retrouvailles avec le Hongrois Ferenc Cako, le Tchèque Bretislav Pojar, les Canadiens Jacques Drouin et Pierre Hébert, le polonais Piotr Kamler, non plus d'un grand Bororama ( Borowczyk "accroché" jusqu'en sptembre au Musée Chateau...). Il est humainement impossible d'embrasser totalement 1'éventail des multiples débats, colloques, conférences, tables rondes, expos, hommages et rétrospectives... surabondance peut-être nécessaire pour répondre à diverses demandes de festivaliers sans cesse plus nombreux. Mais jusqu'où cela peut-il aller ? Transporté loin des grandes joutes cannoises dans les années 60 (après quelques galops d'essais sur la Croisette) le festival savoyard, suscita une véritable émulation à travers le monde, non seulement d'autres manifestations mais de multiples vocations avec des développements imprévisibles à


























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