Bruxelles, le Festival
Une sélection sans compétition
Il y a à l'origine du festival un choix que nous avons maintenu jusqu'ici: celui de ne pas faire de compétition. Il nous donne une très grande liberté dans nos options et ne décourage apparemment pas les producteurs ou les réalisateurs, au contraire. Certains sont d'ailleurs ravis de découvrir les réactions d'un "vrai" public.
Le fait de compter avant tout sur celui-ci pour assurer la viabilité économique du festival a dicté des choix dont nous n'avons pas à rougir : Huit ans avant leur consécration à Annecy et dans d'autres festivals, le studios Aardman faisaient un triomphe à Bruxelles avec la première rétrospective qui leur ait été consacrée! John Lasseter fut un de nos premiers invités (en 84): Il était venu présenter trente secondes d'animation par ordinateur; il a tissé à Bruxelles des relations durables. Tim Burton était présent la même année. Son '"Vincent" fascina beaucoup de monde, dans un programme que nous avions baptisé "l'animation des années quatre-vingt".
La programmation du Festival de Bruxelles a une saveur, cela a l'air prétentieux de le dire nous-mêmes mais nous le pensons sincèrement. C'est que l'absence de compétition nous donne le droit d'être très subjectifs dans nos choix et de ne pas sacrifier aux dosages complexes de la diplomatie. C'est sans doute la raison pour laquelle l'animation britannique a été très abondamment représentée ces dernières années à Bruxelles. Nous n'y pouvons rien, ils sont souvent remarquables. Et cela ne nous a jamais empêché de montrer des films albanais, portugais, maliens, ukrainiens, ou...belges.
Une vitrine pour la Belgique
Pourquoi ne pas l'avouer, nous sommes heureux de pouvoir mettre en avant la production belge d'animation, mais les choses sont claires : dans notre sélection internationale, il n'a jamais été question de sur représenter la Belgique. Par contre, les séances baptisées fort explicitement "C'est du belge" permettent aux étrangers de se faire une idée de la production autochtone, qui est une des spécificités de Bruxelles.
La Belgique est constituée de trois communautés linguistiques distinctes. (française, flamande et germanophone) Elle connaît, comme toutes les entités composites, des tiraillements d'ordre linguistique ou culturel. Le Festival de Bruxelles, s'il est francophone, n'a jamais pratiqué d'ostracisme à l'égard des autres communautés, au contraire. Les productions flamandes sont souvent bien représentées, ce que leur qualité justifie pleinement. De même, la communication du festival est déclinée dans trois langues : le français, le néerlandais et l'anglais.
Une définition non restrictive
L'animation, pour le Festival de Bruxelles, n'a jamais été un petit monde fermé, où quelques initiés se font plaisir en se congratulant mutuellement. Cela signifie entre autres que la définition que nous avons donnée au cinéma d'animation est peu restrictive : quand nous jugeons un film digne d'intérêt, nous n'en privons jamais le public, sous prétexte qu'il n'appartiendrait pas à l'animation au sens technique. "Home of the Brave" de Laurie Henderson ou "Dark Crystal" de Jim Henson ont ainsi été programmés au festival, à la grande stupéfaction de quelques uns.
Je revois encore l'air dubitatif de certains lorsque nous avons décidé de faire un programme complet d'images de synthèse, avec entre autres des images de simulateur de vol! C'était en 87, les films étaient projetés en vidéo Barcovision, encore une hérésie pour les puristes d'alors. Depuis, qui oserait écarter les images de synthèse d'un festival d'animation...
Mais trêve de souvenir d'anciens combattants...
Les enfants
Ils constituent un bon quart de l'audience globale du festival : ils viennent en masse avec leurs parents l'après midi. Nous tissons toujours des liens avec les milieux scolaires. Pour ce type de séance, nous faisons la part belle aux longs métrages. Les Disney s'y taillent souvent une part de choix, mais des programmescourts métrages vraiment internationaux (doublés en direct par des comédiens) donnent aussi une image non univoque de la production mondiale. La Chine, les pays d'Europe du Nord et de l'Est y ont toujours trouvé une écoute très attentive.
























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