16e Festival du Dessin animé de Bruxelles
La seizième édition du Festival du Dessin animé de Bruxelles, organisée par Folioscope se tenait du 4 au 16 février, période de congé scolaire du Mardi Gras.
Mis à part une rétrospective sur les pionniers du genre au Musée du Cinéma, la manifestation belge était circonscrite cette année dans une unique salle (celle du Passage 44). L'organisateur en effet, n'était pas parvenu à reconduire un accord satisfaisant avec le "Botanique" (centre culturel pourtant subsidié
par le secteur public) qui, lors des éditions précédentes
accueillait les programmes les plus spécialisés.
Les festivaliers n'ont cependant pas pâti de cette restriction car
l'équipe de Philippe Moins et Doris Cleven avait adapté la
grille horaire de façon à préserver la consistance
et la diversité qui ont fait la réputation de la manifestation.
Le public ne s'y est d'ailleurs pas trompé en garnissant une fois
encore généreusement la salle lors des séances de
soirée et d'après-midi (celles-ci étant plus particulièrement
orientées vers le jeune public qui y trouve toujours une ambiance
festive grâce à la présence de troupes théâtrales,
de fanfares, de clowns et grâce aux décrochages en direct
d'émissions pour enfants de la télévision belge).
Les programmes pour jeunes côtoyaient donc ceux adressés au
public averti, et les courts et longs métrages, films d'auteur,
"making of" et séries trouvaient leur place à côté
de conférences données par des représentants de plusieurs
studios d'animation (Disney, Clayart, Acme, Hibbert Ralph, Ex-Machina)
de sociétés productrices de jeux vidéos (Ubisoft)
ou d'effets spéciaux (Industrial Light and Magic, Softimage, Medialab,
Mc Guff Ligne)...
Les longs métrages
Contrairement à d'autres manifestations internationales qui préfèrent prendre en compte les seuls films d'animation au sens strict, le Festival de Bruxelles se veut ouvert à toutes les acceptions du genre, fussent-elles secondaires, y compris par exemple les films "live" où l'infographie intervient simplement dans la réalisation des effets spéciaux. Cela explique la présence parmi les avant-premières belges de Star Trek: First Contact de Jonathan Frakes, dont la conception visuelle apparaît plus aboutie que son scénario quelque peu dispersé.
Au menu également Institute Benjamenta, long métrage en prises de vue réelles, qui permettait d'approfondir la connaissance
de l'univers de Stephen et Timothy Quay sur lesquels le festival avait
attiré l'attention les années précédentes.
Les frères britanniques signent là une oeuvre ardue, insolite
mais fascinante comme l'étaient les premiers David Lynch, sur les
interactions humaines, les hiérarchies et les mystères kafkaïens
d'un pensionnat pour le moins bizarre.
Plus généralement, l'un des caractères marquants de
cette cuvée 1997, résidait dans son importante proportion
de longs métrages, calibre "en principe" plus propice
à la diffusion en salle. Mais à en juger par les titres (avant-premières
et reprises confondues) de la sélection bénéficiant
d'un diffuseur belge, le marché reste déterminé par
le préjugé tenace qui tend à réduire l'animation
au divertissement pour enfants.
Citons Pinocchio, version doucement psychanalytique du conte de
Collodi, mis en image par Steve Barron et qui bénéficie d'une
remarquable intégration de la marionnette dans un univers d'acteurs.
Par contre, l'animation de certaines figurines secondaire semble parfois
plus rudimentaire.


























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