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L'INA, un précurseur en matière de nouvelles technologies

Valie Rivoallon prente l'INA, Institut National de l'Audiovisuel, organisme chargde la conservation et du deloppement du patrimoine audiovisuel franis travers la recherche, la formation, la conservation, ainsi que l'organisation de manifestations spialiss. Article disponible en franis et en anglais.

Issu en 1974, de la scission de l'ORTF en 7 organismes autonomes, l'Institut National de l'Audiovisuel (INA) a pour mission principale la conservation et la mise en valeur du patrimoine audiovisuel français. La production de création, la recherche et la formation des professionnels figurent également en bonne place dans ses préoccupations. C'est sur ces deux derniers points qu'il est particulièrement actif en ce qui concerne les nouvelles technologies. Dès 1964, à sa création, le service recherche de l'ORTF s'est interessé à l'animation. Sous l'influence de Pierre Schaeffer notamment, Jacques Rouxel a mis au point la conception de divers prototypes de machine à dessin animé dont l'Animographe, berceau de l'inénarrable série Les Shadoks.

Avec plus de 150 stages pluridisciplinaires, l'INA offre un vaste éventail de formations. © INA.

Recherche et développement

Au début des années 80, alors que la majorité des dessins animés sont fabriqués en Extrême-Orient, des mesures sont prises pour redresser la situation de la production française. Quatre axes prioritaires sont définis : la recherche (fondamentale et appliquée), la formation, la constitution de pôles techniques de fabrication, l'utilisation et la production. Apparaissant comme un lieu d'application privilégié pour les nouvelles technologies, le secteur de l'animation est un terrain de choix pour la mise en oeuvre des travaux de l'INA. Ainsi développe-t-il son premier système de fabrication par ordinateur auquel il forme animateurs et producteurs. Trois générations de systèmes informatiques sont mis au point par son équipe de chercheurs. L'enjeu est la modernisation de la chaîne de production. Il faut limiter les tâches répétitives pour augmenter la productivité et diminuer les coûts. Toonbox et Anim 2000 voient alors le jour. Le premier s'utilise de la saisie des dessins jusqu'au tournage final en permettant l'automatisation des intervallages, traçages, gouachages et la numérisation d'images réelles pour la réalisation des décors. Le second, élaboré en partenariat avec France Animation, Getris Images et le Zentrum für Datenverarbeitung allemand, prend l'allure d'une plateforme offrant une solution globale à l'ensemble de la production. Utilisable dès le layout, il convient spécialement aux entreprises qui gèrent plusieurs projets simultanément sur un ou plusieurs sites et s'adapte aux différents types de produits : spots, pilotes, séries TV, long métrage. D'autres logiciels tels que Explore furent originaires des laboratoires d'études de l'INA avant d'être confiés à d'autres sociétés comme Thomson Digital Image. "Notre vocation n'est pas de concurrencer le secteur privé, mais plutôt de dynamiser une activité en émergence. Lorsque nous nous sommes intéressés à l'image de synthèse, nous répondions à un besoin, aujourd'hui plusieurs entreprises ont pris le relais et notre priorité s'est déplacée vers la restauration numérique et la protection des données ainsi que vers l'analyse et l'interprétation des documents face aux nouveaux modes de consultation," explique Bruno Bachimont, directeur de la Recherche. La formation, un aspect fondamental Côté formation, il en est tout autrement puisqu'il faut en permanence répondre aux besoins des professionnels en matière de manipulation d'outils. Premier centre de formation européen, INA formation accueille chaque année près de 3 500 stagiaires couvrant ainsi tous les secteurs de l'audiovisuel, du multimédia et des nouvelles technologies. Riche de 25 ans d'expérience, le département bénéficie d'un environnement technique et professionnel unique grâce à la proximité de ses autres unités. Plus de 150 stages inter-entreprises figurent à son catalogue de même qu'un service d'expertise, de conseil et d'ingénierie pédagogique qui lui permet de s'adapter aux demandes individuelles.

16 laboratoires, 4 studios, 18 cellules de montage et plusieurs studios d'images de synthèse équipés respectivement de station Indigo II hi impact, NT Silicon Graphics ou Onyx sont mis à la disposition des stagiaires pour un concept pédagogique placé sous le maître mot de l'expérimentation. Pour l'image de synthèse et les effets spéciaux, initiation et perfectionnement sur logiciel Softimage 3D,3D Studio Max, Character Studio, Maya, Lightwave, Flame-Flint-Effect, Media Illusion, After-Effects, Avid Media Composer se déroulent sur des périodes de 3 à 25 jours pour des effectifs maximum de 9 personnes. L'acquisition de la connaissance des outils, système, procédures et coûts du studio virtuel s'effectue quant à elle sur trois jours pour des groupes ne dépassant pas les 16 personnes. Les stages orientés micro-informatique et multimédia sont encore plus variés et touchent toutes les étapes de l'ABC CD ROM/internet au management de projet en passant par la scénarisation, la recherche sur internet ou l'infographie et l'animation pour le multimédia.

"Alors que, depuis 1996, l'essentiel de nos formations concernant l'animation tournait autour des techniques logicielles, nous avons souhaité, cette année, créer un stage de cartooner 3D sur 13 semaines. S'adressant au plus grand nombre, il aborde les fondamentaux d'animation toutes techniques confondues (papiers découpés, écrans d'épingles, 3 D) en insistant sur l'analyse de mouvement et la maîtrise du rythme. Avec une large place faite à l'exercice corrigé, nous proposons un temps d'utilisation machine proche de celui des formations longues pratiquées dans les établissements de renom tels que le CFT Gobelins," précise Dominique Bloch.

rivoallon02.gif La Théière, logo d'Imagina 1999. © Aréa Stratégic Design. rivoallon03.gif Imagina et le SIGGRAPH sont les plus importantes manifestations spécialisées pour l'animation 3D. © MBQ.

Imagina, fer de lance de l'INA Pour accompagner ce développement, L'Institut National de l'Audiovisuel s'est doté en 1981 d'un formidable observatoire au travers du forum Imagina. Créé en association avec le Festival de Télévision de Monte-Carlo, il ne présentait alors "que quelques polygones monochromes animés par ordinateurs selon les lois physiques élémentaires," écrivait Francis Beck, Président de l'INA à l'occasion de la dernière édition. Aujourd'hui, Imagina figure avec le Siggraph au rang des plus importantes manifestationsspécialisées. Avec la décentralisation de l'exposition industrielle sur Paris (en l'an 2000, au Palais des congrès de la porte Maillot) le Forum élargit son public. Renforçant cette politique, une tarification particulièrement étudiée va permettre d'accéder aux prochaines conférences de Monaco, suivant l'une et/ou l'autre des deux thématiques tournées vers la 3 D et les techniques interactives, télévision et internet. On pourra assister à la compétition des prix Pixel-INA et visiter le village de l'innovation, véritable laboratoire du futur. Une nouvelle édition du concours de création en temps réel, consacré cette année au "Dancing baby," sera reconduit demême pour le prix Action Nouveaux Talents Indépendants, soutenus par les films Actions pour distinguer la créativité des amateurs, professionnels de demain. De nombreuses conférences aborderont les thèmes de l'animation 3D, qu'elle soit utilisée dans le jeux vidéo, les effets spéciaux ou via internet. Une présentation des sites web les plus innovants est également prévue ainsi que beaucoup d'autres surprises non dévoilables à ce jour. Nul doute que ces initiatives donneront àla manifestation une odeur de fête, humanisant un universjusqu'ici victime d'une image sectaire dont la 3D a trop longtemps souffert. Maintenant qu'il a ouvert la voie au tout numérique, l'Institut National de l'Audiovisuel entend bien, grâce à ces nouvelles orientations, en donner les clés aux créateurs comme aux utilisateurs.

Pour plus d'informations sur les éditions 1997 et 1998 d'Imagina, nous vous invitons à lire les compte-rendus publiés dans Animation World Magazine.

Pour plus d'informations sur l'édition 2000, merci de consulter le Calendrier des Evènements, qui inclue notamment des informations sur les délais d'inscription.

Scénariste de formation, Valérie Hamon-Rivoallon s'adonne au journalisme à partir de 1988. Attachée à la rédaction de BREF, le magazine du court métrage, elle se spécialise en cinéma d'animation en 1993. Elle collabore également à la programmation artisitique de divers festivals, et présente un programmemensuel à la radio, "Bulles de Rêves."

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